CLÉ DES CHAMPS | COMMENT APPRÉCIER LA NATURE SANS LA DÉTRUIRE

L’une des idées au fondement du Sans Trace est celle de la planification. En étant préparé, on peut prévoir à l’avance d’avoir le moins de déchets et de vaisselle possible pour faire un repas en plein air, on peut éviter de manquer de temps et d’ainsi être moins conscient de certaines de nos actions qui peuvent être néfastes.

Matières résiduelles

Pour certains éléments qu’on peut difficilement rapporter avec soi, comme les eaux usées lorsqu’on lave notre vaisselle avec du savon biodégradable, il est conseillé de tamiser pour mettre les résidus solides avec nos autres déchets à ramener, puis de disperser l’eau à une bonne distance des cours d’eau, sur une plus grande surface possible pour ne pas concentrer la contamination. Même chose lorsqu’on se brosse les dents : il est suggéré, plutôt que de cracher, d’expulser, de « postillonner » pour répandre la pâte à dents.

Il peut être contre-intuitif de rapporter nos résidus organiques, mais les laisser derrière peut débalancer les habitudes alimentaires de la flore locale, qui se retrouverait ainsi dépendante partiellement de la nourriture laissée derrière par les randonneurs. Dans cette optique de ne pas trop perturber la faune, il est également conseillé de tenter de réduire notre pollution sonore en forêt.

Pour ce qui est des autres déchets, même si les parcs nationaux et fédéraux ont des installations pour laisser nos déchets sur place, on ne peut s’attendre à ce que de plus petits parcs régionaux en aient. Ceci peut sembler banal, mais la collecte des poubelles est l’une des dépenses les plus importantes pour les parcs; l’habitude collective de rapporter ses déchets chez soi permet de réduire la pression sur les petits parcs et de contribuer à faire du plein air un loisir plus accessible pour tous.

Les randonneur.se.s doivent donc être conscient.e.s du devoir d’absolument tout rapporter ses déchets avec soi au retour. En réduisant à la source, il est toutefois plus facile d’être le plus près possible du zéro déchet en nature en ayant des sacs et des contenants réutilisables.

Faire attention où l’on met les pieds

Tout sentier en forêt fragmente nécessairement les habitats, mais il est possible de limiter cette fragmentation à celle jugée raisonnable par les responsables de parcs qui aménagent des couloirs assez étroits sur des surfaces durables, sur lesquelles on peut marcher sans piétiner la végétation vulnérable. Afin de respecter l’aménagement prévu, il faut marcher l’un à la suite de l’autre au milieu du sentier même lorsqu’il est boueux ou mouillé, ne pas prendre de raccourcis ou encore de marcher trop en marge des sentiers pour éviter la boue afin de limiter l’élargissement des sentiers.

Tout ceci peut sembler beaucoup à première vue, mais ce ne sont que des habitudes faciles à implanter dans notre réseau. Les principes Sans Trace se basent sur des recherches menées durant plusieurs décennies sur l’impact de la pression croissante du tourisme de plein air sur les environnements naturels.

À l’Université de Montréal, cette formation avec Danielle Landry et son entreprise De Ville en Forêt fait partie d’un mouvement plus large de conscientisation des divers regroupements étudiants à l’éthique de plein air écoresponsable. La nature, ce n’est pas juste une option sur un menu de loisirs, c’est un équilibre dont il faut prendre soin de ne pas déstabiliser pour pouvoir continuer de l’apprécier.

On se voit la session prochaine avec de nouvelles activités hivernales de plein air, surveillez la programmation qui sortira d’ici les fêtes!

Par Mathieu Desgroseilliers, Chargé de projet, AHC

cledeschampsahc@gmail.com

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